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[Témoignage] Serge Chaumettre sur le GIS Albatros

Je suis venu au domaine des drones et plus précisément des essaims de drones par mes travaux sur les systèmes mobiles autonomes, communicants et sécurisés. Initialement basés sur des essaims d’objets de type smartphones et capteurs, ces travaux m'ont conduit à constater que d'autres systèmes, tels que les drones et les robots par exemple, posaient des problèmes fondamentaux et opérationnels spécifiques. C'est ainsi qu'en 2008 j'ai lancé le projet CARUS (Cooperative Autonomous Reconfigurable UAV Swarm), avec le soutien initial de la DGA au travers d’un financement de thèse. Pour sa partie mise en oeuvre je me suis rapproché en 2010 du GIS Albatros. Cette mise en oeuvre a ainsi été un projet du LaBRI, mené dans le cadre du GIS Albatros, mis au service du cluster AETOS de la Région Aquitaine et présenté comme son premier démonstrateur. Outre le LaBRI qui en était le responsable scientifique et technique, ce projet a impliqué les sociétés Fly-n-Sense et Thales ainsi que Bordeaux Technowest et La Région Aquitaine. Son objectif était de montrer la faisabilité de la mise en essaim d’une flotte coopérative de drones autonomes communiquant par échanges de messages de type broadcast asynchrone et de faire un retour sur les problèmes techniques, humains et réglementaires soulevés par un tel dispositif. Thales a participé au jury de la thèse DGA associée avec la présence du directeur de l'époque du GIS Albatros (Jean-Noël Perbet) et de la directrice d’alors du Cluster Aetos (Trang Pham). Ce furent mes premiers travaux avec Thales et plus précisément pour les aspects techniques avec l'équipe de G. Guerrini. 

Nos liens se sont ainsi rapidement resserrés. Ainsi, je suis aujourd'hui co-animateur de l’axe Systèmes Télé-opérés du GIS et en conséquence je participe à son COSIC et je suis par ailleurs systématiquement invité à son COPIL. Pour ce qui est du rôle d’animation scientifique du GIS, je peux citer quelques exemples. En 2013, le GIS a organisé une rencontre avec la Direction de la stratégie Mission pour la Recherche et l’Innovation Scientifique (MRIS) de la DGA, laquelle nous a alors encouragés à pousser nos collaborations plus avant. Nous avons ainsi monté le projet Asimut (JIP ICET 2 EDA) sous l'égide de l'EDA (European Defense Agency), projet dont Thales assure le lead global (Gilles Guerrini et Gilles Jurquet) et donc j'assure le lead scientifique et technique. Il porte sur la notion de multi-essaims hétérogènes, multi-niveaux et multi-capteurs. Nous avons pu démarrer ce projet en 2015, après un montage complexe mais qui a permis des échanges fructueux entre nos tutelles académiques et Thales sur des aspects contractuels qui seront sans nul doute utiles aux projets à venir. Par ailleurs, lors de l'ouverture des Projets de Recherche Interne Thales (PRI) aux académiques, nous avons déposé (avec Michel Rousseau) le projet NetCoT qui a été retenu ; il porte sur l’exploitation de technologies de type Network Coding dans les essaims de drones. Au vu des résultats obtenus avec en particulier le support d’un stage de Master Recherche que le projet a permis de financer, nous travaillons actuellement à un dépôt de brevet commun et à la mise en place d'une plate-forme physique de démonstration (elle aussi financée par le projet). Enfin, nous avons cette année débuté une thèse CIFRE (en co-direction avec Gilles Guerrini) qui porte sur le vol de drones en essaims compacts. 

Ces relations avec Thales se sont naturellement étendues aux activités d'enseignement. J'ai souhaité faire intervenir des membres de Thales dans le cadre de l'enseignement de Systèmes Autonomes et Télé-opérés au sein de la spécialité Systèmes Mobiles Autonomes Communicants (SMAC) que je dirige dans les Master Informatique de l’Université de Bordeaux. En parallèle nous avons mis en place un concours, le Challenge Aetos ConceptDrone, sous l’égide du Cluster Aquitain Services et Systèmes de Drones Aetos (Jean-Marc Grolleau), avec qui je collabore par ailleurs sur plusieurs projets de recherche. Nous avons d’ailleurs aussi créé un workshop international, le AETOS International Workshop on "Research Challenges for Future RPAS/UAV Systems" qui se déroule de manière alternée en France (avec l’UAV Show) et aux Etats-Unis (avec AUVSI devenu XPonential). 

Thales est donc un de mes partenaires privilégiés, même si rien n’est exclusif et que plusieurs autres projets sont en cours avec d'autres partenaires (DGA, Télécom Bretagne, Université du Luxembourg, Parrot, Eurogiciel, etc.). Nous avons aujourd'hui de nombreux travaux communs et une feuille de route à horizon 2020. C'est une route commune d’une petite dizaine d’années le long de laquelle nous avons appris à connaitre nos enjeux et nos objectifs respectifs, et à travailler ensemble pour les atteindre. Les enjeux fondamentaux et industriels ont été pris en compte et nous ont permis de monter des projets qui nous permettent, régulièrement d'être à la pointe des domaines considérées. Beaucoup d'efforts, mais beaucoup de satisfactions. Ce sont aussi des rencontres et on sait bien que le succès des collaborations ce sont les relations humaines sous-jacentes. Si je devais recommencer une telle route ? Oui je le referais, sans hésiter.